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L'Oustau de l'Enclavo
Et cette naissance, commence par un couple réel de notre cher village, fût un temps lointain, que l’on nomme en Provençal : VAURIAS.
Nous allons les appeler, Honorine la lavandière (*) et Augustin le cantonnier, ils ne sont pas mariés, ce sont deux personnages dans la vie de tous les jours. Cette vie d’un village ancré dans la Drôme Provençale et n’allons pas dire qu’il se situe sur les terres de ce département, sinon, nous allons nous attirer les foudres de guerre de nombreux santons vivants de cette Enclave des Papes, qui est bien Vauclusienne et compte le rester, après s’être battue voilà plus de 200 ans pour appartenir à la République de la France.
Les mains du santonnier poursuivent leur travail. Après avoir déposé l’argile dans le moule, il presse fortement de la main. Puis vient le démoulage, les retouches, le débardage et le lissage à l’eau, pose éventuellement des accessoires. Le séchage fait, Honorine et Augustin sont placés dans un four pour subir la cuisson à 950°. Avec cette température torride, vous pensez bien, que notre jeune couple se languissait de sortir. Mais il fallait passer par là, pour avoir une corpulence assez forte, pour tenir des années.
Nos deux amis, ne peuvent encore s’exprimer, il est vrai que le travail n’est pas fini et c’est sûrement cette dernière touche, la décoration qui va leur donner un caractère et plus ou moins une belle allure, souhaitons-le pour Honorine.
Et que je te passe des coups de pinceaux par ci par là, dessus, dessous, « oh doucement monsieur, vous êtes sous ma robe ». Tiens l’Honorine a parlé, le santonnier lui a peint la bouche, il aurait été préférable qu’il finisse tout le reste, car elle n’a pas l’air commode la lavandière. Deux accessoires ajoutés qui lui sont indispensables, le battoir et sa grande corbeille à linge, d’où sortira son linge fraîchement lavé dans le lavoir en bordure de la route de Montbrison sur lez qui se situe à quatre kilomètres du centre de Vaurias. On n’a pas fini de l’entendre l’Honorine.
(*) Une lavandière (mot ancien et souvent poétique pour désigner une blanchisseuse, ou une « buandière », terme plus rare et plus vieux encore) était une femme dont le métier était de laver le linge à la main
Leur condition sociale et matérielle était dans la plupart des cas difficile : les femmes devaient, tout en lavant, s'occuper de leurs plus jeunes enfants, leurs mains étaient très souvent abîmées pour avoir trempé trop longtemps et trop fréquemment dans l'eau bouillante ou au contraire dans l'eau parfois glacée des lavoirs.
Dans les années 1970, en France, une des dernières lavandières authentiques fut récupérée par le monde médiatico-publicitaire : la Mère Denis, de son vrai nom Jeanne Lecalve, née en 1893.
Sources : Internet
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