Jeudi 30 avril 2009 4 30 /04 /Avr /2009 20:03


Les journées passent à une allure que nous n’arrivons pas à savoir quel jour nous sommes. Le 1er  Mai, fête du  travail. Là j’aurais du y penser ce dit Honorine, qui même ce jour là, s’en va laver son linge au lavoir.

L’Augustin n’est pas dans mes pattes, et je ne l’ai pas vu longer les caniveaux, tu parles il a du aller cirer les bottes du Maire pour la fête préparée par le comité central des communistes de l’Enclave, il doit y avoir comme d’habitude, le concours de boules avec le premier prix offert par le Maire, la coupe frappée du marteau et de la  faucille, à tant faire ; puis le repas organisé au Lac, bien arrosé comme d’habitude. Les canards vont devoirs se mettre du coton dans les oreilles, car dans ce rassemblement de rouge, c’est à celui qui parlera le plus fort,  par ces cris bien souvent virulents effrayent les coquins de blancs.

Bonjour, Honorine, et bien tu ne respecte pas la fête du travail ? Clame d’un ton surpris notre garde champêtre, Fortuné !

Que diable, si vous ne salissiez pas temps vos brailles, nous les femmes nous n’aurions pas besoin de laver tant et tant et puis quoi, que ce soit le premier ou le deux, la terre elle continue de tourner et moi de travailler, cingle l’Honorine !

Oh, mais tu sais, on s’est battu pour avoir ce jour et il faut parfois le respecter, même si on a du travail en retard.

Comment ! Du travail en retard, qu’est ce tu as, toi comme travail, si ce n’est de courir après les voleurs de poules que tu n’attrape jamais, alors j’ai pas de leçon à recevoir de toi, moi quand je lave, mon linge il est propre, donc je fais mon travail !

Bon, ce n’est pas tout, si nous allions du côté du Lac, voir un peu comment çà se passe ?

Ah ! Ils sont tous là, le Basile avec sa casquette de travers, Jean Joseph qui s'accoquine avec la Mireille, tient je vois aussi assis sur un banc monsieur Marcel Laplace, maire de son état, il est en train de s’égosiller en parlant de sa partie de boules qu’il vient de perdre contre l’Emile, champion de boules de Vaurias.

Tiens, il y a même  Jules , le cordonnier, Francis le rémouleur, Charles le bûcheron de Venterol, Ernest l’aiguiseur de couteaux , Célestin le marchand d’ail , toute la bonne équipe de joyeux lurons, quand il s’agit de faire ripaille.

Et n’oublions pas ces dames, qui se sont regroupées sous un platane au bord du Lac, pour papoter ensemble. Tout ce monde rassemblait, pour un 1er Mai.

Quand aux enfants, sautant et riant de tout cœur, ils ont par un moment de calme apportaient un brin de muguet. Les boules aux repos pour les hommes et les tricots rangés pour les dames.

Temps magnifique, soleil haut et chaud, que demande ce petit peuple, si ce n’est de profiter de ce jour merveilleux que le syndicat des ouvriers, leur offre.

 

Par valreasenclaveprovence - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : une histoire du Papet
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